1. Définir le projet avant de démolir
Avant tout, on fait le point sur l'usage de la pièce : douche ou baignoire, une ou deux vasques, rangements, sèche-serviettes. C'est aussi le moment de vérifier les contraintes de la pièce :
- Les évacuations : une douche de plain-pied demande une pente vers le siphon, ce qui n'est pas toujours possible sans modifier le sol.
- Les arrivées d'eau : déplacer un équipement implique de déplacer les tuyaux.
- La ventilation : dans un logement, l'air est extrait par les pièces de service, dont la salle de bain (arrêté du 24 mars 1982). Une bouche d'extraction qui fonctionne, c'est moins de condensation et de moisissures.
2. La dépose
On retire les anciens équipements, le carrelage, la faïence et parfois les cloisons. C'est l'étape qui réserve le plus de surprises : tuyau abîmé, mur humide, sol irrégulier. Mieux vaut les découvrir maintenant et adapter le projet.
3. Plomberie et électricité
Le plombier crée ou déplace les arrivées d'eau et les évacuations. L'électricien installe l'éclairage, les prises et l'alimentation du sèche-serviettes. Dans une salle de bain, la norme NF C 15-100 définit des volumes autour de la douche et de la baignoire : le volume 0 (l'intérieur de la baignoire ou du receveur), le volume 1 (au-dessus, jusqu'à 2,25 m de haut) et le volume 2 (60 cm autour du volume 1). Chacun a ses règles sur le matériel électrique autorisé.
Ces réseaux passent dans les murs et les cloisons : ils doivent être terminés avant de fermer quoi que ce soit.
C'est souvent là que les chantiers prennent du retard : le plaquiste attend le plombier, qui attend l'électricien. Quand une seule personne coordonne l'ensemble, chacun intervient au bon moment.
4. Cloisons, doublages et plafond
On monte les nouvelles cloisons et on habille les murs avec des plaques de plâtre hydrofuges, de type H1 : dans une salle de bain de logement, les règles de l'art (NF DTU 25.41) les imposent pour tous les murs en plaques. C'est aussi le moment de créer un coffrage pour cacher une évacuation, ou une niche dans la douche.
5. L'étanchéité
Contrairement à une idée répandue, le carrelage et ses joints ne sont pas étanches : l'eau finit par atteindre le support. Les plaques hydrofuges ralentissent l'absorption, mais n'assurent pas l'étanchéité.
- Sur les murs de la douche et de la baignoire : selon la façon dont les joints des plaques ont été traités, les règles de l'art (NF DTU 52.2) prévoient une protection à l'eau sous le carrelage, appelée SPEC. La Fédération française du bâtiment indique qu'elle s'applique dans l'emprise de la douche ou de la baignoire, sur au moins 2 m de haut.
- Au sol d'une douche à l'italienne, sans receveur : il faut une véritable étanchéité (un SEL, système d'étanchéité liquide, ou une natte), avec une pente vers le siphon et un soin particulier aux angles et au raccord du siphon.
C'est invisible une fois le carrelage posé, et pourtant essentiel : l'Agence Qualité Construction relève l'absence ou l'insuffisance d'étanchéité parmi les causes des dégâts des eaux dans les douches carrelées.
6. Carrelage et faïence
Viennent ensuite le sol et les murs. Le calepinage, c'est-à-dire la disposition des carreaux, se prépare à l'avance pour que les coupes tombent aux bons endroits et que les joints s'alignent entre le sol et les murs.
7. Peinture
Les murs et le plafond non carrelés reçoivent une peinture adaptée aux pièces humides, après préparation des supports.
8. Pose des équipements et finitions
Le plombier raccorde la vasque, le WC, la douche ou la baignoire, et l'électricien pose les appareillages et les luminaires. On termine par les joints silicone, les accessoires et le nettoyage, puis on fait le tour de la pièce ensemble.
En résumé
Une rénovation de salle de bain enchaîne au moins cinq métiers. Le résultat dépend autant de la qualité de chacun que de l'ordre dans lequel ils interviennent. C'est pour ça que je propose de tout coordonner : vous n'avez qu'un seul interlocuteur, du devis à la remise des clés.
Sources
- Agence Qualité Construction : dégradations par l'eau des douches carrelées dites « à l'italienne »
- Fédération française du bâtiment : locaux humides, plaques H1 et SPEC (NF DTU 25.41 et 52.2)
- FFB Bretagne : carrelage sur plaques H1 en salle de bain : quand faut-il un SPEC ?
- Promotelec : salle de bains, ce que prévoit la norme NF C 15-100
- Légifrance : arrêté du 24 mars 1982 relatif à l'aération des logements
Ce guide donne des repères généraux. Sur un chantier, les solutions exactes dépendent des produits choisis et de leurs avis techniques.


